
Sakura no kage est un film réalisé par un français et un japonais. La mouvance s’oriente du côté japonais.
Dès le début, le spectateur se rend compte que les dialogues n’auront pas une place primordiale dans ce long métrage.
Le film commence avec une musique intrigante montrant un personnage sans que l’on puisse apercevoir son visage. C’est ainsi que le réalisateur commence à jouer avec l’imagination du spectateur. A quoi ressemble donc ce « héros » perdu dans cet univers urbain ?

Puis au détour d’une scène, on aperçoit un homme, on se pose intérieurement la question, mais oui c’est bien ce personnage dont on voulait connaître le visage. Pour accentuer cette phase, le réalisateur nous le montre dans un univers moins citadin (assis sur de la pierre au bord d’une route avec pour fond la campagne). Est-ce le contraste voulu par le réalisateur ? L’urbanisme sans visage et ses passants anonymes (d’où le visage caché) et la campagne ouverte sur le monde (d’où le visage à découvert).
Le réalisateur montre aussi le vrai visage de son personnage et ne nous cache pas sa vraie nature… En effet, il s’agir d’un tueur qui possède une arme et un sabre.

Plus on avance dans le film plus on se rend compte qu’il est presque épuré de dialogue pour laisser la prégnance à l’image.
Puis c’est le voyage pour le Japon tel un samouraï (le sabre permet de donner cette référence) en quête d’une mission sacrée. D’une certaine manière, je ne sais pour quelle raison, ce voyage me fait penser à celui du célèbre Musashi Miyamoto .

Le mal de vivre de notre « héros » se traduit par la course à pied. On le voit dans de nombreuses scènes parcourir des kilomètres. Sans but, sinon une symbolique personnelle, il court pour arriver à « oublier ».
L’arrivée d’un personnage féminin (Mikiko) réussit presque à briser ce tabou de la solitude. Pourtant bien vite, le spectateur se rend compte, que derrière cette apparence, elle a aussi un cœur de pierre. L’hiver du Japon amplifie d’ailleurs ce sentiment.
Pourtant nos deux personnages pourraient oublier, se « réchauffer », briser cette solitude mais il n’en est rien…
D’ailleurs une des scènes marquantes, c’est lorsqu’ils courent ensemble et que Mikiko décide d’arrêter. Cette image représente ainsi son échec dans la vie…

La vengeance se trouve être la clé du film. Celle-ci peut en effet permettre aux deux personnages de se retrouver ou de se perdre …
Sakura no kage surprend. Tout d’abord deux réalisateurs sur un film, une ambiance très japonaise, peu de dialogues. Mais la beauté du message que l’on pourrait comparer à de la poésie parvient à captiver le spectateur.
Sakura no kage est un très beau film et l’on attend avec impatience le prochain film d’un des réalisateurs Guillaume TAUVERON.

Avis de Stéphane Humbert (Zast) |